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BernardAttingerLaGriffeIl a fallu la photo d’un petit garçon noyé au bord d’une plage pour réveiller un grand nombre de consciences.

Cela fait combien de mois que des dizaines de gamins, du même âge, meurent noyés dans les fonds de cales de “bateaux“ pourris entre la Lybie et Lampedusa, dans un monde du silence.

Les souvenirs de 1956 : Budapest et de 1968 : Prague se sont effacés du cœur des milliers de personnes qui fuyaient, vers nous, les chars soviétiques, comme d’autres fuient aujourd’hui un régime soutenu par Poutine. Les mêmes ont oublié, aussi vite, que si le mur de Berlin et l’empire soviétique se sont effondrés c’est bien parce que des portes s’étaient ouvertes pour permettre aux flux, des entassés dans les ambassades de l’Ouest, de franchir leurs frontières, aussi par trains entiers.

L’Europe occidentale, et chrétienne, avait su ouvrir ses portes et son cœur à ceux qui, maintenant, ferment les leurs. Cette évolution est aussi significative que nos accueils à deux vitesses : souvenez-vous comment nous distillions l’accueil des Chiliens pro-Allende, fuyant le régime du dictateur Pinochet parce que l’on avait peur d’une contagion marxiste… Maintenant c’est la démence d’une minorité d’Islamistes qui sert de prétexte à nos égoïsmes.

Que ces gosses, sacrifiés à nos cœurs trop durs, ne soient pas morts pour rien !

Bernard Attinger, Sion