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LaGriffeBernard AttingerOn peut bien chanter : “c’est toi mon beau Valais“ mais que t’a-t-on fait et que fait-on de cette belle vallée, de ses paysages, de ses traditions, de sa culture ?

Quand je regarde son évolution, ce qu’il devient, comment on l’occupe, comment on le dilapide, comment on le vend, j’ai un peu honte, de moi, de ma génération, de mes compatriotes. Il m’arrive de me demander si on a vraiment mérité de recevoir cette vallée, ses montagnes, ses glaciers, son ciel et cette terre, pour les consommer comme une vulgaire banane dont il ne restera bientôt plus que la pelure.

Avec nos autonomies, nos “chacun-pour-soi”, nos intérêts immédiats et cette absence de prise de conscience de ce que l’on détruit jour après jour, de l’oubli de notre propre culture : qui sait encore l’originalité d’un chalet d’Evolène par rapport à ceux de la vallée de Conches ou du Val d’Illiez. On mélange tout dans une sorte de melting-pot alpin qui n’existe que pour plaire aux touristes aussi incultes que nous-mêmes le sommes devenus.

Nous avons encore quelques luizets, nos asperges roses-blanches, notre fendant issu de chasselas quand il n’est pas transformé en Saint  Saphorin, nos combats de reines, les vrais, ceux des inalpes…

Au risque de me répéter : avons-nous mérité de recevoir cette belle vallée quand on voit ce que l’on en a fait et ce qu’il en restera quand nous la transmettront aux générations qui y vivront après nous ?

A suivre

Sion, le 1er juin 2014