
Il y a à peu près 25 ans le Grand Conseil décidait, à une voix de majorité, de transférer l’octroi des permis de construire, en zone à bâtir, de la Commission Cantonale des Construction aux communes.
Approcher le pouvoir de décision des citoyens, l’idée était bonne mais elle comportait deux risques : l’incompétence et le copinage.
Comment trouver dans des petites communes les compétences pour analyser les dossiers, leur légalité (voir la profusion de lois dans ce domaine) ? La plus grande d’entre-elles, Bagnes, vient d’en faire la brillante démonstration. Seules les villes équipées d’un service d’édilité avec architecte communal et juristes ont la capacité de juger de la conformité des projets.
L’autre problème : le copinage. Quand le pouvoir de décision se rapproche trop du requérant le risque de collusion augmente et, comme en Valais, on ne connaît pas trop le principe de récusation quand on est concerné par une décision à prendre, le danger augmente comme l’odeur du fric.
Les futurs propriétaires, les maîtres d’ouvrage, se sont assez rapidement heurtés à des responsables communaux tatillons jusqu’à ce qu’ils comprennent que s’ils voulaient vraiment obtenir leur permis de construire ils avaient intérêt à changer d’architecte au profit du local, qui, souvent, était, en plus, membre de la commission de construction communale…
A Verbier on a soulevé un coin du tapis, soulevez en d’autres et vous comprendrez l’évidence de mon propos…
Bernard Attinger, Sion
