
De haut en bas et de bas en haut on se regarde en chiens de faïence. La tentative de garantir, en les imposant , 35 députés du Haut dans notre constitution a provoqué le flop que l’on sait.
Il était une fois un peuple, d’Helvètes-Gaulois, qui occupait toute la vallée. Des Walser ont pénétré par le lieu de naissance du fleuve, donc de la vallée ; ils sont gentiment, pas toujours paisiblement, descendus et ont germanisé la plaine et les vallées latérales. Avec l’aide des Bernois, ils ont réussi à s’étendre jusqu’à Thonon. Ils ont vassalisé le Chablais et tiré les taxes qui leur ont permis de réaliser leurs belles églises de Conches, de Saas et d’ailleurs.
Puis le reflux a commencé, le français est remonté en amont de la belle borne frontière de la Morges, pas celle de Thonon mais celle de Châteauneuf. Les francophones ont été aidés, dans leur remontée vers la source du Rhône, par les troupes étrangères, Napoléon & co.
Il a fallu ensuite que la Confédération s’en mêle pour que ce soit la majorité de la population qui remplace celle des districts (très petits et plus nombreux à l’Est de la Raspille).
Il est toujours difficile d’avoir été, d’avoir gouverné et de devenir une minorité. Les Hauts-Valaisans, qui descendent pour gouverner à Sion ne remontent plus, s’assimilent, l’économie faisant le reste, leur population décroit et la rancœur, augmente.
Combien de temps ces souvenirs de grandeur vont péjorer les relations Haut-Bas ?
Ne serait-il pas temps de tourner ces pages du passé, deux siècles fêtés l’an passé, et de faire un effort pour que le canton et surtout sa capitale soient vraiment bilingues ?
Bernard Attinger, Sitten
