
Le premier septembre 1939, les troupes d’Hitler entrent en Pologne… Depuis quelques années déjà la Banque de France disperse ses réserves d’or sur le territoire métropolitain mais il en reste encore 2'400 tonnes à Paris, dans ses coffres. A ces tonnes s’ajoutent les 300 que la Pologne vient d’y transférer ainsi que celles de la Banque Nationale de Belgique.
Se souvenant qu’en 14 les Allemands étaient arrivés à moins de deux cents kilomètres de Paris, la BF, par bonheur indépendante du gouvernement, décide d’évacuer ses stocks. Le 17 mai, 2'800 tonnes, soit 400 camions et 150 wagons, filent vers Brest avec l’intention d’embarquer l’or vers Halifax en Angleterre. Entretemps l’armée allemande a atteint et bombarde Dunkerque… Décision de filer vers le sud et d’embarquer à Bordeaux pour Casablanca, Dakar puis aux Antilles et une partie : vers New York dans la réserve fédérale (où se situait aussi une partie du stock suisse, qui a depuis été déplacé au Canada et en Angleterre).
Le 15 juin quatre officiers allemands se présentent à la rue Vrillière, siège de la BF et constatent que les coffres, de 11’000 m2, sont vides. Le 18 juin Pétain : « il faut cesser le combat…». Les Allemands n’ont ainsi pas pu profiter de cet or pour leurs achats d’armes et, à la fin de la guerre, le stock a pu rentrer au bercail.
Tout cela n’a été possible que grâce à l’indépendance de la BF.
Alors, quand nos admirateurs de Poutine nous demandent de congeler notre or sous notre BNS, en face du Palais Fédéral, et de museler ses activités et son indépendance, on devrait quand même se poser quelques questions.
Bernard Attinger, Sion, le 7 novembre 2014
Si vous voulez en savoir plus : “Sauvez l’or de la banque de France » de Tristan Gaston-Breton, en réédition au Cherche Midi
